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Les pères, 3

 

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La tentation de la fuite... ou « technique de l'autruche » !

 

C'est l'abandon de l'enfant.

 

Chez les « Cigognes », on a appelé ça l'accouchement sous Y !

Car ça ressemble à un accouchement sous X, sans en avoir les avantages ni les inconvénients... jugez plutôt :
Il s'agit en fait d'une fuite, qui n'est pas forcément définitive d'ailleurs ! (contrairement à l'accouchement sous X, justement !)
Sauf si la mère fait adopter l'enfant de façon plénière par un autre homme (car cela coupe les liens avec la famille biologique : solution radicale que nous ne recommandons pas !)

Vous êtes nombreux à opter pour cette idée qui semble facile en apparence... Effectivement, contrairement à la mère, le père n'a pas besoin de faire un acte « volontaire et concret » pour abandonner son enfant. Il lui suffit de « ne rien faire », justement !! Faut avouer que c'est quand même plus simple de ne pas aller reconnaître un enfant que de faire une déclaration officielle d'abandon, non ?

Cela dit, n'oubliez pas que les apparences sont souvent trompeuses car... il faut arriver à vivre avec les choix que l'on fait ! (témoignage tiré du forum : "J'ai quitté mon ex-copine après un mois de relation à l'annonce de sa grossesse.").

 

Concrètement, il s'agit de « faire comme si » le problème n'existait pas...

Vous refusez tout contact avec l'enfant, de le rencontrer, de lui parler (ou vous limitez ces contacts au minimum), vous déchirez les photos que la mère vous envoie, etc. Tout est bon pour oublier cet « épisode noir de votre vie » !
Avec, comme phrase justificative qui revient comme un leitmotiv : « Je n'y suis pour rien, je ne l'ai pas voulu ! » ou « Ce n'est pas de ma faute, elle n'avait qu'à avorter ! »
Au plus fort de la crise, vous allez jusqu'à prétendre que tout ça ne vous pose « aucun problème »... Bref : tout va bien, je vais bien !

Faut dire que la méthode Coué fait des adeptes parmi les autruches...
On pourrait penser que cette réaction évite de se poser des questions, mais est-ce si sûr ?

 

 

...Car comment oublier que l'on a abandonné un enfant ?

Un homme dans cette situation n'a certainement pas besoin d'y penser « tous les jours » pour se sentir coupable... L'enfant « vit » en lui d'une certaine manière !
Il est gravé en lui (comme un tatouage interne ?...) et il revient à sa mémoire régulièrement par le biais de situations anodines :

Bref : l'enfer !!

Seul avantage de cette option : éviter de se remettre en question en rejetant la responsabilité de ses choix et de ses actions sur la mère et en faisant payer le prix fort à l'enfant. Lorsqu'il y a rejet de ce dernier, du moins... (ce qui n?est d'ailleurs pas toujours le cas, car « abandon » ne veut pas dire forcément « rejet »... on est bien d'accord !)

 

Ceux qui optent pour cette solution s'apercevront rapidement que ce n'est pas franchement la plus « confortable ».

Elle est en général remplie de culpabilité et de secrets de famille, de honte et de mauvaise conscience chronique. Pas top !

Vu de l'extérieur, ça peut faire illusion : « Il est pas malheureux », « Facile pour lui, il s'en tire bien ». Oui.
Oui, mais !
Outre la mauvaise conscience récurrente à laquelle il faut faire face (celle dont on parlait plus haut), ça ressemble aussi à une bombe à retardement car tout ce que l'on fuit en espérant se simplifier la vie finit par nous rattraper un jour ou l'autre...

Le seul conseil valable que l'on peut vous donner dans un cas pareil, c'est d'arrêter de vous faire du mal inutilement !

Si vous n'arrivez pas à changer de comportement tout seul, consultez un psychologue pour comprendre comment et pourquoi vous en êtes arrivé là. Car il y a forcément une (voire plusieurs) raison mais ce n'est pas souvent celle que vous vous plaisez à évoquer d'emblée !

En gros, il y a « la raison principale » qui sert à justifier la fuite aux yeux des autres (et même à vos propres yeux !...) et puis, plus profondément, on trouve les « vraies raisons », celles dont vous ne parlez pas car vous n'en avez pas forcément conscience ou encore parce que les évoquer réveillerait en vous de trop grandes souffrances... Pas facile, tout ça.

Mais rajouter de la douleur (celle de l'enfant que vous voulez abandonner) à la douleur (celle que vous avez subi et que vous préféreriez ne pas examiner) ne peut pas vous rendre plus heureux. Au contraire... D'où l'intêret de se poser quelques questions et d'en parler avec une personne neutre et apte à vous écouter sans vous juger.

 

Quelques questions utiles pour avancer

Et vous pouvez bien sûr en parler avec nous sur le forum... Vous y serez bien accueilli, n'ayez crainte.

 

Pour finir, la question subsidiaire à vous poser si vous en êtes là :
liens du sang, liens du cœur... qu'évoquent-ils pour vous ?

Car qui dit "abandon" sous-entend aussi "adoption"...
Et l'on entend souvent dire que le père ne serait pas celui qui conçoit, mais celui qui élève l'enfant. Ce n'est pas faux. En cas d'abandon, l'homme qui joue le rôle de père a une place très importante dans la vie de l'enfant.
Mais on ne peut non plus nier le fait que la plupart des enfants abandonnés recherchent un jour ou l'autre leurs parents biologiques... Alors une question vient à l'esprit : si les liens du sang sont si peu importants, pourquoi ?

Et on peut se demander autre chose, dans la foulée : un enfant ne peut-il pas avoir deux pères ?... Pères qui auraient des rôles complémentaires et non concurrenciels ?

Le premier, important, qui lui donne la vie (en même temps que ses origines biologiques et une partie de son histoire) et en cas de défaillance de ce dernier,
un second, tout aussi important, qui s'occupe de lui et lui donne amour et attention au quotidien (voir la rubrique consacrée aux autre membres de la famille)
Le retour du premier (s'il se produit un jour) n'entraînant pas de jalousie pour le second (ben quoi, il n'est pas interdit de rêver, non ?)

 

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Dernière mise à jour le 25 mai 2008

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