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Les pères, 5

 

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Lorsque assumer semble impossible : les différents blocages

 

A noter : il est rare qu'il y ait une seule raison qui justifie la fuite !
Très souvent, il y a plutôt un faisceau de raisons, comme on peut avoir des « faisceaux d'indices » lors d'une enquête criminelle.
Les blocages peuvent donc être divers et variés.

 

1- Blocages liés « à soi-même » : les émotions

 

A- La colère

Phrases clés :

La colère existe souvent des deux côtés et pour des raisons différentes.
Elle n'est pas négative en soi, car son rôle est de signaler une « zone sensible » de votre personnalité qui a été touchée par le comportement d'autrui... Et dans tous les cas, il est important de l'extérioriser !

Mais attention : colère ne veut pas dire violence verbale et encore moins violence physique !!

Idéalement, il faudrait parler en utilisant le pronom "je" (plutôt que le "tu" accusateur... qui n'aidera pas l'autre à vous comprendre !) et la formuler en exprimant ce que l'on ressent.
Bon, certes... plus facile à dire qu'à faire... mais avec un peu d'entraînement (et quelques dérapages ?... Qui n'a jamais insulté quelqu'un sous l'effet de la colère ?), on peut se rapprocher du but ! Si, si !

Quelques suggestions pour la dégager en souplesse :

En tout cas, on le répète : PAS DE VIOLENCE PHYSIQUE !!!

Déjà, il s'agit d'une femme (donc d'un être chiant - on vous l'accorde ! - mais plus faible physiquement que vous) et en plus elle a votre enfant dans le ventre !

Alors si vous avez peur d'exploser ou que vous vous savez sujet à ce genre de comportement : ne la voyez surtout pas seul ! (témoignage tiré du forum : "J'ai avorté hier avec beaucoup de douleurs mais je ne remets pas ce choix en cause.")

Conclusion : exprimez votre colère (sans violence physique) pour éviter qu'elle ne se transforme en rancune et bloque ainsi une éventuelle relation avec l'enfant en se manifestant de manière détournée à chaque fois que la situation se rappellera à votre esprit.

Variante : la colère qui vieillit mal = la vengeance.

Phrase clé :

On en parlera plus loin.

 

 

B- La honte et la culpabilité

Phrases clés :

La honte est la conséquence de l'abandon de l'enfant (et cela, même si vous êtes convaincu d'avoir les meilleures raisons du monde d'agir ainsi) car vous savez pertinemment que ce dernier peut un jour souffrir de cette situation alors que c'est la seule personne qui ne devrait pas être touchée par la réaction des adultes qui l'entourent.

Très inconfortable à vivre, la honte entraîne dans son sillage tout un lot de secrets, de mensonges, d'insomnies... et de culpabilité !

Même si vous persistez depuis des années dans votre choix (l'abandon) on ne peut que vous conseiller de sortir de cet engrenage... car c'est un véritable cercle vicieux.
Plus vous aurez honte et moins vous pourrez examiner la situation avec le recul nécessaire pour la dédramatiser : bref, plus vous aurez honte, plus vous culpabiliserez et... moins vous vous occuperez de votre enfant, c'est une évidence ! Donc, plus vous aurez honte. Logique !

 

C- La fierté

Phrases clés :

Vous changeriez bien d'avis mais votre fierté, votre « ego » quoi, vous en empèche :
Comme le disait une pub « Y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis » !
Bon, cela dit, lorsqu'on est en plein dans la tempête, la solution n'est pas dans un slogan... On est d'accord.

Effectivement, il peut être difficile de changer d'avis en la matière, car ça donne l'impression désagréable de « donner raison à la mère »... or si vous pensez qu'elle a abusé de votre confiance en faisant cet enfant, c'est bien la dernière chose que vous ayez envie de faire !! Et on peut le comprendre.

Cela dit, il est important de bien distinguer l'enfant de la mère. Vous pouvez parfaitement vous occuper de votre enfant en gardant de la distance avec cette dernière : le conflit est entre adultes et doit rester entre adultes !

 

Et puis vous pouvez vous poser les questions suivantes :
Qu'est-ce qui est le plus important ?
Votre ressenti profond ? (l'envie, finalement, d'assumer l'enfant)
Ou l'apparence que vous montrez aux autres ? (« Je n'en voulais pas, donc je ne m'en soucie pas »)

 

Lorsque la fierté agit comme un frein dans les relations que l'on peut avoir avec autrui, c'est qu'elle n'est pas forcément bien placée. Pensez-y ! (et cela est valable aussi pour les mères, bien sûr !)

Il ne faut pas oublier que la vie est courte et qu'on ne sait pas ce qu'elle réserve... (témoignage tiré du forum : "J'ai fait la rencontre du père de ma puce il y a plus de trois ans.")

A noter quand même que cette histoire de fierté est tout à fait paradoxale :

En effet, abandonner votre enfant préservera à priori votre fierté, mais peut-être pas votre estime de vous ! Car vous savez que l'enfant n'y est pour rien : ce n'est pas lui qui a demandé à venir au monde.

Inversement, finir par assumer ce que vous ne vouliez pas au départ revient à renoncer à la sacro-sainte fierté pour se sentir au bout du compte réellement fier de soi-même !
Avouez que c'est tentant, quand même...

Prenez donc le temps d'y réfléchir : le bonheur (d'agir conformément à ce que l'on pense "juste") n'est peut-être pas très loin, en fait.

En tout cas, si le conflit entre votre décision initiale et votre nouvelle impulsion est trop fort, il serait bien d'en parler avec une personne neutre (un psy par exemple) ou de venir en discuter sur notre forum.

 

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Dernière mise à jour le 25 mai 2008

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